Mali – Présidentielles: Se tiendront, se tiendront pas…?

Président du CENIPhoto-credit: Maliweb.net

Président du CENI
(Crédit photo: Maliweb.net)

C’est une affaire qui n’est pas encore réglée. Les présidentielles que les autorités maliennes de transition ont prévues de tenir le 7 juillet prochain demeurent un sujet sur lequel les maliens se divisent. Si d’aucuns sont d’avis qu’elles permettront au Mali de sortir d’une période d’exception, d’autres se demandent comment ce pays en proie à la guerre et à l’insécurité réussira à les tenir.

Auront-elles lieu ? Seront-elles reportées ? Voici les questions qu’on ne peut éviter d’entendre à propos des présidentielles attendues au Mali, demandées à cor et à cri par nombre de puissances: les États-Unis, et la France en tête. Avant d’aller plus loin sur cette question, il faut relever que l’organisation de ces élections constitue, avec la libération des régions du Nord, l’une des missions dont est investi le gouvernement de transition.

Dans sa prestation télévisuelle du 28 mars sur France 2, destinée à redresser sa cote de popularité en baisse, François Hollande a dit ceci à propos des élections au Mali : « Nous voulons qu’il y ait des élections au Mali à la fin du mois de juillet. Et ça, nous serons intraitables là-dessus. » Cette phrase a soulevé la colère de plus d’un, les commentateurs de l’actualité compris qui y ont vu une volonté du Président français de mettre au pas le gouvernement de transition et même de marcher dans le sillage de son prédécesseur Nicolas Sarkozy. « Sarkozy et Hollande, c’est blanc bonnet, bonnet blanc, kif-kif », m’a confié un ami étudiant, la rage au cœur, au lendemain de l’intervention du président français.

Il reste tout de même évident que la tenue des présidentielles est une exigence à laquelle le gouvernement de transition n’a pas intérêt à manquer. Mais, on ne saurait faire comme si les difficultés avancées ici et là sont anodines car, il ne fait aucun doute que depuis que la guerre a été lancée contre les terro-djihadistes le Nord du Mali est en proie à l’insécurité; il y a aussi la question de l’organisation du vote des déplacés et réfugiés, l’absence de l’administration dans les zones libérées de la férule des terro-djihadistes… et l’épineuse question de la négociation avec le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA). Et, d’ailleurs, le MNLA qui occupe Kidal, la Huitième région, est catégorique : « pas d’élections à Kidal sans négociation avec Bamako ». Face à toutes ces inquiétudes encore non solutionnées, le ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de l’aménagement du territoire, Moussa Sinko Coulibaly, répond que le gouvernement n’a pas le choix et qu’il est condamné à réussir les élections.

Mais il n’y a pas que ça, bien sûr. Dernièrement, se prononçant sur ces élections, le président de la Commission électorale nationale indépendante, Mamadou Djamoutani, a jugé improbable la tenue à la date du 7 juillet compte tenu du fait que certains préalables ne sont pas réunis.

La vraie question, qu’on a jusqu’ici oublié de poser est la suivante : quelle démocratie remettre en place au Mali ? On sait que les maliens sont nombreux à se demander, d’ores et déjà, qui choisir, angoissés de voir que ceux qui se déclarent candidats sont, en gros, les mêmes qui composaient le système ayant régi le pays entre 1992 et 2012. Un système qui reposait sur la corruption, le népotisme, le favoritisme… Bref, les écueils de la démocratie. Et pour les maliens, ce vote n’est pas pour les rendre heureux ou les tirer d’affaire mais plutôt pour donner à ces politiques l’occasion de participer à une course à l’argent et au pouvoir. Pour encore décevoir un pays à qui tout était promis, avec la démocratie, mais dont les maux empirent encore et encore : le chômage, les systèmes éducatif, culturel et sportif se cassent, la pauvreté est loin de reculer.

« On ne vit pas, on existe ! », m’a dit récemment une consœur au cours d’un reportage. Elle était triste, la mine rembrunie. Elle m’a dit – et c’est là un sentiment partagé par beaucoup- qu’elle votera à la condition absolue de voir tous ceux qui ont corrompu, volé, tué, répondre de leurs actes devant la justice car, insiste t-elle, les raisons qui ont conduit le pays dans cette situation sont connues de tous. On sait qui a fait quoi, quand, où et comment.
Qui choisir ? C’est une question à laquelle les maliens n’ont pas encore trouvé de réponse.

Boubacar Sangaré

Lecture: Devoir de conscience(*), un livre de Fousseyni Maïga

 

 

Photo-creit: Fousseyne Maïga, Directeur de pub de "Le Flambeau"

Photo-credit: Fousseyne Maïga, Directeur de pub de « Le Flambeau »

 

Voila un livre qui mérite une place dans les rayons de toutes les librairies et bibliothèques du Mali mais aussi parmi les livres – pourquoi pas ?- des étalages que l’on trouve aujourd’hui à la sortie de toutes les facultés ou presque. Ce livre, n’en déplaise à ceux qui y verront une manifestation égocentrique, est une invitation à la découverte des réalités tristes et ténébreuses qui ont achevé de précipiter le monde de l’enseignement supérieur dans le gouffre. Oui, bien sûr, les lignes de ce livre ont le même effet sur le cœur que le bruit de la cloche qui, lorsque nous étions enfants, annonçait la rentrée des classes et donc nous rappelait à la réalité : les interminables interrogations qui attendent et les coups de fouet qui suivent le plus souvent.

Le livre s’ouvre sur une période de la vie où tout enfant qui choisit de devenir quelqu’un se prédestine à une carrière. Dans le présent cas, l’auteur alors enfant, était partagé entre l’envie de devenir avocat et celle d’être journaliste. Escomptant une bourse pour des études de droit ou de journalisme à l’extérieur, après l’obtention du baccalauréat, il s’est retrouvé à la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques qui, comme presque toute l’Université de Bamako à l’époque, était caractérisée par le chaos. Qui peut parler de la planète universitaire malienne sans crier, sans céder à la colère ?

2006, année des folies à la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques, laquelle commençait à être une source d’inquiétude profonde pour l’opinion publique nationale. L’auteur était en première année à l’époque et se souvient de ces : « années académiques (qui) étaient toujours tronquées. La violence, l’injustice et la corruption avaient bouleversé l’ordre normal des choses. Les étudiants ne savaient plus à quel saint se vouer. Entre les enseignants, c’était un bras de fer sans conteste : tous les coups étaient permis. Tous ces facteurs eurent pour conséquences des grèves interminables, l’absentéisme chronique des professeurs, le déclenchement d’une bataille juridique sans précédent, pour l’administration et l’arrestation de 4 de nos camarades de l’AEEM dont le secrétaire général… » Et d’ajouter que « Les étudiants, eux-mêmes, n’avaient plus confiance à la Faculté. Le savoir et la connaissance, pour la majeure partie des apprenants, n’avaient plus de sens. L’essentiel était de terminer et de décrocher le diplôme de la maîtrise… Le mérite n’avait plus de sens. Le travail, paradoxalement, n’était plus une garantie pour accéder en classe supérieure. L’argent, le pouvoir, les relations et la beauté étaient devenus des moyens précieux pour la résolution de tous les problèmes. » Terrible, n’est-ce pas ? Eh bien ces réalités sont toujours d’actualité et ont même pris une proportion inquiétante, en ce sens qu’elles se sont étendues à toutes les facultés… !

Si nombre d’étudiants dans nos facultés cherchent à adhérer à l’Association des Elèves et Etudiants du Mali (AEEM) pour entretenir le goût farouche qu’ils ont pour la corruption, la violence… il est heureux que l’auteur  ait été accepté dans ce mouvement sans avoir eu à épouser ces phénomènes abjects. Bien sûr, il n’a pas été facile pour lui de se dégager de la réticence. Et quel exploit que celui d’intégrer dès la première année le comité AEEM en qualité de secrétaire administratif. Mais dès le départ, il tente de se dissocier de ses camarades sur le plan moral, comportemental voire intellectuel en prônant l’excellence, le respect du corps enseignant (le respect est un luxe qui manque toujours à l’enseignant au Mali)… pendant que « La  Faculté plongeait de plus en plus dans le chaos. Rares étaient les autorités universitaires qui pouvaient y effectuer le déplacement. Les forces de l’ordre, eu égard à la violence qui prévalait, y avaient élu domicile. L’opinion nationale, dans sa majorité, ne souhaitait que la fermeture de la Faculté. Il suffisait alors de dire que l’on y étudiait pour être fiché comme un ‘’sans avenir’’… »

Le jeune étudiant avait la religion du changement. Dans le comité AEEM, il était « dialoguiste » et s’opposait à la manière de revendiquer par la violence de ses camarades. Dès lors, toutes ses propositions récoltaient une opposition farouche. C’est ainsi que, pour mettre en valeur ses idées, les faire partager, il a créé le journal « Le Flambeau » dans « une Faculté qui se résumait à trois mots : corruption, violence et manipulations. »

Le Flambeau, l’anti-AEEM ?

Le journal « Le Flambeau » a été créé pour « informer, dénoncer, sensibiliser et critiquer.» A la différence de l’AEEM, le journal lui permettait de revendiquer en usant de « la violence intellectuelle.» « Il fallait améliorer nos conditions de vie et d’études par la force de nos arguments et  notre aptitude à proposer des voies et moyens face aux différents problèmes de l’université », c’est là un combat qu’il revenait –et revient toujours—  à l’AEEM de mener mais, grand paradoxe, qui demeure attachée à d’autres considérations farfelues. ‘’Le Flambeau’’, c’est l’anti-AEEM ! L’étudiant étant l’ennemi de l’étudiant, toutes les actions qu’il a eues à poser se sont heurtées au mur de l’inconscience d’une poignée d’étudiants, membres de l’AEEM pour la plupart. Mais, toujours est-il qu’il voulait combler le vide laissé par l’AEEM. Extrait : « Les idées selon lesquelles il ne suffisait que d’avoir de l’argent, un parent dans l’administration ou être belle et disposée à céder aux avances de certains professeurs et étudiants pour aller en classe supérieure…devaient être combattues avec la dernière des rigueurs. Les cours privés et spéciaux qui s’organisent, de manière anarchique, à l’approche des examens de fin d’année, la corruption organisée, la violence sous toutes ses formes, les années académiques tronquées et jamais achevées, les programmes dépassés…les concours taillées sur mesure et les conditions de délivrance des diplômes et autres documents administratifs…Voilà, entre autres, les combats auxquels j’avais décidé de consacrer mon temps et mes ambitions. »

Aussi Fousseyni Maïga(**) relève que la création du journal a valu à lui et à ses camarades des critiques et des insultes venant le plus souvent de journalistes et responsables de presse qui parlaient d’une « dérive de la presse par la distribution anarchique des récépissés », au point que des étudiants ont crée un journal et sont devenus ‘’Directeur de publication’’. Dernièrement, et pour dénoncer cela, lorsque j’ai fait savoir à un confrère, rencontré dans un cybercafé, que je collabore à ce journal, il a répondu sur un ton marqué par la vantardise, que, eux, ils ne considèrent pas ce journal parce qu’il ne traite que des questions scolaires et universitaires. Les yeux obscurcis par la colère, je n’ai pas jugé la peine de poursuivre la discussion, surtout que le confère dont il est question est un adepte du « journalisme alimentaire » qui souille l’image de la presse malienne.

A travers ce livre, il incite aussi la jeunesse à s’intéresser à l’entreprenariat, seule porte de sortie dans un pays où elle ne fait qu’accumuler des diplômes pour les déposer aux offres d’emploi du chômage.

     (*) Devoir de conscience : ‘’odyssée d’un jeune étudiant’’, Fousseyne Maïga, Presses Universitaires du Mali.

(**) Il est le Directeur de Publication du journal ‘’Le Flambeau ‘’ et des PUM, chargé de cours de droit privé.

Boubacar Sangaré

Au revoir Dakar, au revoir…

Assis devant l’écran de l’ordinateur, mes doigts hésitaient entre mille mots, mille mots qui, tous, suffisaient à exprimer le sentiment dont j’étais rempli. Pendant quelques jours, je me suis senti éloigné de la peur dont tous les maliens, jeunes gens, femmes et hommes, se réveillent cernés du fait d’une guerre lancée contre les terro-djihadistes qui avaient fait du Nord du pays un nid. Pendant quelques jours, des visages qui m’étaient étrangers m’ont redonné la force de me battre, me battre pour un monde fait de diversités.. Pour un monde où les frontières seront encore plus artificielles.

La nuit tombe. Dans la chambre, je suis seul et écoute discuter dehors des Mondoblogueurs, maliens, centrafricains, haïtien, togolais… Les échanges sont chaleureux et concernent tous les sujets. Mais, ils n’ont pas le même ton que celui que nous avons eu un jour, dans le bus, avec William Bahiya, à qui il ne manque que deux ou trois années  d’études en psychiatrie pour être un Frantz Fanon confirmé. William a été désolé d’entendre dire que Mylène Colmar et Axelle, guadeloupéennes, étaient des noires mais pas africaines.

_ Mais,William, elles ne sont pas des africaines!, a laissé entendre Daye Diallo, qui étudie au Québec mais vient de la Guinée Conakry

_ Ah bon? C’est pourquoi je suis contre le fait d’envoyer nos fils étudier au Canada, a répondu William, très remonté. Comment tu oses dire qu’elles ne sont pas africaines?

Des rires ont fusé. Des rires bruyants. Daye Diallo s’est retiré du débat qui était à deux doigts de virer à la dispute.

Dans ces derniers jours, Mylène et Axelle évitaient d’être dans le même bus que William, par crainte d’un autre débat violent.

Bientôt, tous ces sourires qui rayonnaient des visages si beau ne seront qu’un point noir. Des sourires légendaires. Bientôt nous allons tourner le dos à Dakar. Dakar et son froid. Dakar et ses belles filles qui jouent les « Leuk-le-lièvre »… Dakar et ses « taximan » qui feraient mieux

Les Mondoblogueurs

Les Mondoblogueurs

de rouler avec une carte de la ville avec eux…

Au revoir Dakar, au revoir tous et toutes. Good bye and Thank you

 

A Dakar, si loin et si proche de Bamako

Le Sénégal, l’autre quartier latin de l’Afrique subsaharienne. Il partage avec le Bénin cette appellation depuis maintenant plusieurs années, et cela grâce surtout à la richesse de sa production littéraire. C’est-à-dire que, si on veut dire les choses simplement, il doit cette appellation à des hommes et femmes comme Leopold Sedard Senghor, Boubacar Boris Diop, Birago Diop, Abdoulaye Sadji, Sembène Ousmane, Ousmane Socé, Mariama Bâ,… qui ont, à travers leurs écrits, tiré vers le haut la littérature sénégalaise. Et comment oublier ce livre très polémique « Nations Nèges et Cultures » de Cheikh Anta Diop qui continue de susciter un concert d’indignations dans les milieux intellectuels, singulièrement occidentaux ? Mais tout cela est une autre histoire.

Tout admiré qu’il est aujourd’hui à travers les quatre coins du monde, le Sénégal, c’est aussi Dakar sa capitale, grande, qui ouvre ses bras à l’étranger qui n’hésite pas une seconde à s’y glisser comme dans son lit, ivre de curiosité. Autant vous le dire tout de suite, c’est la première fois que je foule le sol de Dakar, comme c’est le cas pour nombre de Mondoblogeurs. Et que vous dire d’autre, si ce n’est que Dakar est si proche de Bamako. La ville de Dakar, c’est d’abord celle de ces jeunes sur le scooter pour qui le respect des feux tricolores semble inexistant, donc pas besoin pour eux d’attendre que le feu passe au vert pour passer. Tous ceux qui étaient avec moi dans la voiture qui nous ramenaient de l’aéroport, le samedi dernier, n’ont pas pu ne pas s’en étonner. Heureusement, notre chauffeur avait une explication à ce phénomène : « C’est des gosses ; ils s’en foutent ! » Après qu’il eut dit cela, j’ai pensé à ces jeunes qui, à Bamako, tuyau d’évacuation de la moto « Djakarta » crevé, filent à tombeaux ouverts et se tapent pas mal des feux tricolores comme de leur dernière chemise.

 

la ville de Dakar (photo credit: Ali Badra Coulibaly

la ville de Dakar (photo credit: Ali Badra Coulibaly

Il y a aussi ces inscriptions sur les murs telles que « Cheikh T. Diakhaté nous t’avons à l’œil »,« Liberez N’dèye Khady N’diaye » Wade our president 2012 ». Ensuite viennent les transports en commun qui, à en croire un Mondoblogeur dakarois, sont appelés «« N’diaga N’diaye », « Tata «  ou « Bus rapide ». A Bamako, on les appelle les « Sotrama », et l’auteur de ces lignes ne résistent pas à livrer ce constat : les « sotrama » qui sont aux bamakois ce que sont les « bus rapide », les « N’degue N’diaye » aux dakarois, n’ont jamais été un symbole de confort. Ils ne valent pas plus qu’une bétaillère , et sont caractérisés par la promiscuité.

Il y a une année de cela, le pouvoir a changé de main dans ce pays. Macky Sall est président depuis le 25 mars 2012, jour où il a gagné les élections et est devenu le quatrième président du Sénégal. Vote sanction contre Abdoulaye Wade et les dignitaires du régime déchu. Mais un an après, l’impatience se lit sur le visage des sénégalais. La déception aussi. Donnons la parole à un jeune, qui a voté Macky Sall : « Je vis à Dakar depuis 2000 mais je viens de Kaolack. J’ai voté Macky Sall au premier et au second tour. Aujourd’hui, je suis déçu. Les politiciens sont les mêmes. C’est des blagueurs ! » A la périphérie de cette manière de voir, un journaliste estime que « Les Sénégalais sont impatients. Le pouvoir d’achat n’a pas baissé, l’électricité est chère. Mais, il y a eu une baisse de la fiscalité sur les salaires, ce qui fait que moi, journaliste, dors tranquillement. Aussi, il (Macky Sall) ne parle même plus d’une de ses plus grandes promesses, celle de réduire le mandat et les pouvoirs du président. »

Dakar, comme n’importe quelle capitale africaine, est une ville des inégalités, où à côté des quartiers huppés s’étendent des concessions aux murs ‘’fatigués’’ dont la seule vue font craindre un effondrement prochain. Et ces enfants qui, pieds nus, sébile suspendue au côte s’adonnent à la mendicité. Des femmes, vieilles ou non, qui tendent la main à tout passant, l’étranger  compris. Pourtant, la lutte contre la pauvreté est devenue un sport international. Tous les pays la pratique, mais la pauvreté est toujours là et semble  invincible.

Dakar, une ville, la mer, un port.
Le froid est là.
Et le vent aussi.
Voir Dakar et mourir…
Le long des routes, des immeubles poussent comme des champignons. Signe de la croissance économique ? Ce n’est pas l’avis d’un confrère dakarois qui estime que c’est plutôt la preuve d’une croissance démographique. A le croire, Dakar n’est pas plus grand que Bamako. Le fait est que, précise-t-il, le Sénégal a injecté beaucoup d’argents dans la construction des infrastructures, surtout routières. Ce n’est pas tout à fait faux. Mais, je dois aussi ajouter que les routes de Dakar sont aussi compliquées à comprendre qu’une opération de mathématiques !
Boubacar Sangaré