Tuerie à Londres : Mohamed Merah, saison II

 

L'un des deux tueurs de Woolich, photo-credit: Quoi de News

L’un des deux tueurs de Woolich, photo-credit: Quoi de News

Le mercredi 22 mai dernier, une rue de Londres a été le théâtre du meurtre d’un soldat. Michael Adebolajo, 28 ans, d’origine nigériane et qui s’est reconverti à l’islam radical, et Michael Adebowala, 32 ans, ont tué à la machette et au hachoir le militaire anglais, Lee Rigby, en chevrotant, selon des temoins, des « Allah Akbar ». « La tuerie de Woolich est profondement choquante. J’ai demandé au Ministre de teinturerie d’organiser une réunion du comité de crise… », a écrit le Premier ministre britannique, David Cameron, sur son compte Twitter.

Oui, autant le dire tout de suite, ce qui s’est passé à Woolich fait mourir de colère et de honte, qu’on soit musulman, chrétien ou païen, d’autant que rien, mais absolument rien, ne peut justifier un meurtre. Tout ce que je peux dire, c’est que cette tuerie relève simplement d’une aberration, qu’il faut faire recours à la psychiatrie pour peut-être trouver une tentative d’explication. Si c’était dans un film, le titre serait ‘’Mohamed Merah, saison II’’, car il est impossible de ne pas faire une comparaison avec ce qui s’est passé il y a un an à Toulouse et à Montauban, où Mohamed Merah, un français d’origine algérienne, de confession musulmane, se réclamant d’Al-Qaïda, s’est rendu coupable de meurtres en prétendant venger les musulmans de Palestine et d’Afghanistan. Et puis, comme Mohamed Merah, Michael Adebolajo et son complice, n’ont rien fait pour éviter d’être filmés. Mais le plus grave, c’est qu’ils disent avoir commis ce forfait pour venger « des musulmans qui meurent chaque jour… ». Et que dire lorsqu’un imam- un taré et un idiot du même calibre que Merah et Anders Breivik- salue ce meurtre. Il s’agit d’Omar Bakri, chef du mouvement islamiste britannique interdit, Al Mouhajiroun, et qui vit au Liban depuis 2005 après son bannissement de la Grande Bretagne.

Comme nombre d’amis, pas tous des musulmans, je dois dire que quand un meurtre est commis par un musulman ou supposé tel, qu’ils le veuillent ou non tous les musulmans partagent la responsabilité, car on parlera d’eux comme s’ils étaient complices et ils tenteront en vain de se justifier. Ils seront malheureux et auront honte. Et dans le même temps, partout ou presque dans le monde, les vannes fusent et les flots islamophobes commencent à se déverser sur la tête des musulmans, l’immense majorité comprise qui se bat pourtant nuit et jour pour un islam pur de tout extrémisme, dans lequel les ultras n’auront pas voix au chapitre. Une immense majorité qui ne cesse de faire entendre que l’islamisme radical tue l’islam et qu’il constitue un ennemi numéro un à combattre ensemble. A dire vrai, ce qui s’est passé à Woolich ne va rien arranger, ni personne hormis ceux qui sont pour une instrumentalisation de l’islam. Michael Adebolajo a fait du mal à tous les anglais, mais cela ne doit pas permettre à certains commentateurs de traduire son acte odieux comme une haine que certains Noirs éprouveraient à l’égard des Blancs à cause de l’esclavage et de la colonisation. Non, les discours de cette sorte, comme je l’ai toujours écrit, démontrent tout simplement l’incapacité du monde à sortir du schéma classique du blanc contre le noir.
Parlant de l’esclavage, les Arabes aussi sont passés par là, bien avant les occidentaux ; ils ont mis en esclavage des millions d’êtres et ont même été les plus grands colonisateurs de l’histoire du monde. Ce qu’il faut dire en revanche, c’est que l’islamisme radical est une marée qui est à deux doigts d’engloutir tout le monde, les musulmans compris.