Mali : De Dioncounda Traoré à I.B.K, quelle leçon tirer ?

IBK, le nouveau président. Photo: Maliweb

IBK, le nouveau président. Photo: Maliweb

Ça y est, après l’investiture du nouveau président Ibrahim Boubacar Keïta, les commandes du pouvoir ont changé de main au Mali. Sa victoire au second tour du scrutin présidentiel, avec7 7,61% des voix, lui assure d’être le locataire du logement de Koulouba. En effet, dès que le chemin des élections a été débarrassé des potentiels obstacles, les Maliens ont réaffirmé au monde leur volonté d’enjamber l’incommodité dans laquelle les a plongés deux principaux évènements dramatiques que sont le coup d’État du 22 mars et la rébellion armée targui, sur lesquels se sont greffés d’autres plongeant ainsi le Mali dans une impasse.

Le Mali revient de loin, très loin. Coup d’État militaire, démission du président Touré, Contrecoup d’Etat, massacre d’Aguel Hoc, accord cadre, agression du président Dioncounda Traoré, Démission forcée du premier ministre Cheikh Modibo Diarra, arrestations d’hommes politiques, violences et menaces de mort contre les journalistes, guerre contre les terro-djihadistes d’AQMI, du MUJAO et d’ANSARDINE, négociations à Ouagadougou…, et pour finir les élections.
Il y a une année de cela, c’était un pays où on avait perdu la tramontane. Il y a seulement quelques mois, rien n’était encore réglé. Le temps était au pessimisme. Le meilleur comme le pire restait possible au Mali et au Maliens. Certains avaient cessé d’espérer. On craignait. On promettait le pire, le sang. La vie n’était vraiment pas de sel. Un pays à majorité pauvre, où on vit avec moins de 2 dollars par jour, frappé par une crise sécuritaire et institutionnelle. Nombre de partenaires avaient aussi fermé les vannes de leurs aides financières.

La crise s’est jeté sur l’économie comme la pauvreté sur le monde. Le PIB a connu un recul de 1,2%, moins fort que prévu. Les secteurs secondaire (20% de chute de son activité), tertiaire (-10% pour le commerce, –10% pour les services financiers, de même que pour que pour les services marchands, des activités comme l’hôtellerie et le transport aérien ont connu des baisses de 30%) étaient aussi loin d’être tirés d’affaire.

On comprend aisément que tous les Maliens ont payé le prix de la stabilité que l’on connait actuellement. Ils ont souffert et ont accepté de souffrir. Ils se sont dit que beaucoup de choses ont évolué ailleurs, dans d’autres pays, et que cela ne reste pas impossible au Mali et aux Maliens. Les évènements cités au début de ce texte sont désormais derrière. Mais ils s’imposeront en permanence à l’attention des Maliens et sonneront comme des avertissements, car, après tout, ils sont le résultat d’une somme d’erreurs et d’incompétences commises à un moment donné dans la vie de ce pays.

Les Maliens ont appris. Sur eux-mêmes et sur leur pays. Ils ne savaient rien de rien. Ils ont toujours été les spectateurs de la vie politique de leur pays. C’est pourquoi, lors des élections, ils ont prouvé qu’ils veulent se dégager de ce rôle peu honorable.

Boubacar Sangaré

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Boubacar Sangaré a étudié les Lettres modernes à l'université des Lettres et des Sciences humaines de Bamako. Ancien collaboraeur des journaux Le Flambeau, La Nouvelle Patrie, Le Pays, Mondafrique (Paris), il écrit pour Journal du Mali, Les Echos, Le Courrier du Maghreb et de l'Orient. Il a été assistant de langue française à Bates College (Université, Etats-Unis).
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