Ah, ce 31 décembre !

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Crédit photo : www.skyscanner.fr

 

 

Décembre est, on le sait, le douzième et dernier mois de l’année, comprenant trente et un jours. On sait aussi que le 25 décembre est célébrée la fête chrétienne commémorant la naissance de Jésus-Christ : Noël. Il serait bien venu d’ajouter que cette fête, quoi qu’obéissant à un principe religieux, n’en demeure pas moins dispendieux, avec les repas copieux, les libations, les jouets à offrir aux enfants en guise de cadeaux… A ce sujet, j’ai une pensée émue pour tous mes amis chrétiens et toutes leurs familles.

Après Noël, vient le 31 décembre, jour où l’on fête la fin de l’année, jour où l’on se souhaite les uns aux autres les meilleurs vœux pour le nouvel an. D’aucuns, seuls, quiets, préfèrent dresser un bilan de l’année écoulée, alors que d’autres festoient, invitent copain ou copine en boite, s’habillent chic, et font exploser des pétards à minuit sonnant, pour annoncer le nouvel an. Mais, ouvrons ici une parenthèse pour dire qu’il est difficile -pour moi en tout cas- de parler du 31 décembre sans évoquer le sempiternel débat qu’il soulève, et qui est loin d’être réglé dans le monde musulman. En effet, c’est désormais un secret de polichinelle que de demander si « un musulman peut fêter le 31 décembre, la fête de fin d’année ». La question n’est pas encore tranchée, et continue de mettre aux prises les oulémas, foncièrement divisés. Il y a ceux qui pensent que c’est haram , pour être direct, de fêter le jour du 31 décembre, arguant que le mois dont il s’agit ne figure nulle part dans le calendrier musulman, et donc ne pourrait en rien concerner un musulman. Aussi, ajoutent-ils, ce sont les chrétiens qui sont en réalité concernés. A la périphérie de cette manière de voir, il y a aussi ceux qui sont d’avis que le musulman peut bel et bien fêter le nouvel an, mais à la condition absolue qu’il se garde de consommer tout ce qui est haram. Ces derniers sont, eux, les modérés.
Dans quel camp se ranger ? Difficile. Sans vouloir vraiment trancher, ma conviction à moi est qu’on peut, en tant que musulman, s’offusquer des diatribes contre l’Islam d’Oriana Fallaci, ou celles en provenance des Etats-Unis, et répondre à une invitation d’un ami chrétien le jour de Noël voire du 31 décembre. Fermons cette parenthèse.

Quand arrive le 31 décembre, il règne dans les rues comme un climat de foire. Les jeunes s’emballent, se grouillent pour faire des petits boulots, histoire d’avoir de quoi faire la bamboula. Ceux qui ne parviennent pas à se tirer d’affaire, sont gagnés par la dépression, et ont le sentiment de vivre dans une maudite période. Ils se sentent merdeux, piteux car il y a « elle », la copine, qui leur a dit les yeux dans les yeux qu’elle ne sortira le 31 décembre qu’avec le mec le plus offrant- comprenne qui pourra.

Inutile de dire aussi qu’en cette période de vaches maigres, côté vente, la fête de fin d’année est un tremplin pour les magasins de vêtements, de chaussures ; les salons de coiffure et tout et tout. Mais, elle l’est aussi pour les belettes, qui plument, pigeonnent plusieurs mecs à la fois : elles prennent avec eux de l’argent en promettant de les accompagner la nuit de la fête de fin d’année, mais elles n’ont pas la frousse de poser un lapin. Voilà un phénomène qui est à la pointe de la mode chez les filles. C’est vraiment fantasmer que de vouloir sortir avec plusieurs « mecs » à la fois, à moins qu’on ait un don d’ubiquité. Et il est clair pour quiconque réfléchit qu’il est impossible de se mettre à la fenêtre et se voir passer en même temps dans la rue, comme nous l’enseigne Auguste Comte.

Voilà donc pour le 31 décembre, une fête qui mobilise de plus en plus l’attention de beaucoup de monde, surtout les jeunes toujours enclins à ambiancer. Une fête qui excite, passionne, galvanise d’une part ; et d’autre part, qui sonne le glas des relations amoureuses, déçoit, déprime en ce sens que toutes les filles semblent se rassembler sous l’étendard de la coquetterie, de la duperie. Mais c’est aussi une fête propice à toutes sortes de postures, extrémistes comprises.

BONNE FETE DE FIN D’ANNEE A TOUS ET A TOUTES !
BONNE ANNEE 2014.

B. Sangaré

Mali : que faire pour Kidal?

L'armée malienne aux portes de Kidal  photo: Bamada.net

L’armée malienne aux portes de Kidal photo : Bamada.net

Cela est clair comme l’aube, un grand nombre de Maliens ont cessé d’espérer et se résignent à voir une partie de leur pays, Kidal, s’engluer dans le marais de l’instabilité. Kidal concentre toutes les attentions aujourd’hui, car c’est de là que tout est parti. C’est de Kidal qu’est partie la rébellion armée touarègue qui a projeté le Mali au beau milieu d’une crise sécuritaire et institutionnelle, dont il est en train de sortir. Mais, bizarrement, c’est à Kidal que tout est bloqué, coincé.

Assassinat de journalistes, attentat djihadiste ayant causé la mort de deux casques bleus sénégalais, des tirs à l’arme lourde, voilà des évènements tristes qui ont marqué l’actualité de ces derniers temps à Kidal, une pétaudière par excellence. On le sait, ce sont les groupes rebelles à qui la communauté internationale semble avoir donné carte blanche, qui y mènent la danse. Ils manipulent femmes et enfants, provoquent les militaires, singulièrement ceux de l’armée malienne, et comme pour ajouter aux difficultés, restent armés. Ils sont armés, et dans le même temps l’on continue à forcer la main au gouvernement malien de parler avec eux le langage du dialogue. C’est d’ailleurs la position que défend la France depuis les premières heures de la crise. Il en est de même pour la Cédéao (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest). Tout cela est vrai, voire possible. Mais, peut-on négocier avec des groupe rebelles qui, en plus d’être armés, continuent d’humilier, de moquer les dirigeants d’un pays qu’ils ont mis à feu et à sang? Est-il acceptable de laisser les groupes rebelles armés, alors que ceux qui ont la charge de sécuriser Kidal, c’est-à-dire, la Minusma et Serval, s’y dérobaient, en tout cas jusqu’au récent attentat-suicide? Pourquoi, à la place des groupes rebelles, ce sont les soldats maliens qui sont cantonnés à Kidal ?

A dire vrai, cette situation trouble le sommeil de tous ou presque, à commencer par le président Keita. Que faire pour Kidal ? C’est à mon sens la seule question qui vaut d’être posée aujourd’hui.

Boubacar Sangaré.

Mandela et les faux héritiers

Mandela Photo: wctrib.com

Mandela Photo: wctrib.com

Comme à sa libération de la tristement célèbre prison de Robben Island, Nelson Mandela tient la vedette dans la presse. Mais, en l’espèce, à la place des sourires et de l’accueil triomphal qui lui ont été réservés à sa libération, les larmes perlent sur les joues, au coin des yeux. Tous ou presque sont sous le choc. Mandela, héros de la lutte anti-apartheid, a fini par déposer les armes au pied de l’inévitable : la mort.

Pour mémoire, Nelson Mandela, avocat, membre du Congrès National Africain, avait dit « adieu à la liberté » le 05 août 1962, jour où, trahi, il a été arrêté près de Horwick. C’est en juin 1952 que ses démêlés avec la justice démarrent. Il avait alors organisé une campagne de désobéissance civile et contrevenu aux lois qui interdisaient aux Noirs d’être en zone blanche le soir. Des lois qui reposaient sur la ségrégation, destinées à denier au peuple noir tout droit à la liberté politique et individuelle. Des lois qui offensaient le peuple noir dans sa dignité, dans son honnêteté. Des lois qui vantaient la suprématie blanche : les Afrikaners. A l’époque, l’Afrique du Sud était donc un pays compartimenté, morcelé, où les disparités sociales sont énormes. Voilà entre autres les raisons qui ont poussé Mandela et ses camarades sur le chemin de la lutte…armée.

C’est cette volonté de Mandela de voir « une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie et avec des chances égales » qui a triomphé après qu’il eut passé 27 ans en prison. Aussi est-il difficile de parler de Mandela sans toucher à ses compagnons de lutte, car le retour du pouvoir entre les mains du peuple noir en Afrique du Sud est le fruit d’un combat collectif dans lequel beaucoup ont péri, exilé, fait la prison. Je pense notamment à Walter Sisulu, secrétaire général de l’ANC au moment de leur arrestation ; à Ahmed Kathrada, ce fils d’immigrés asiatiques, entré en contact avec Sisulu et Mandela en 1948, avec lesquels il plongea dans la clandestinité après l’interdiction de l’ANC en 1963. Il y aussi Govan MBeki, Raymond Mhlaba, Dennis Golgberg, Jeff Masemola, Wilton Mkwayi. Mais il y a un autre nom qui fera frémir d’indignation les « nost-apartheid » (les nostalgiques de l’apartheid) : Desmond Tutu, archevêque, couronné par le prix Nobel de la paix en 1984. Tutu est connu pour ses messages de paix et de non-violence, ses flèches contre l’apartheid et les noirs animés de sentiments vengeresses. C’était un partisan à tout crin du combat pacifiste contre l’apartheid, qui a notamment dirigé la commission vérité et réconciliation créée par Mandela.

Tout cela pour dire que le succès du combat de Mandela vient aussi des sacrifices héroïques consentis par ces hommes et femmes.

Aujourd’hui, partout on pleure comme une madeleine Mandela. Sur le continent africain, les présidents dans leur hommage y vont d’un éloge à faire pleurer. Mais la question qui se pose est de savoir ce qu’ils ont fait, eux, de l’héritage que Mandela leur a légué. Zéro! Dans leurs discours, ils parlent de paix, de réconciliation nationale, de démocratie tout en les massacrant dans leurs comportements de chaque jour. Et l’éditorialiste, Adam Thiam, dit tout :

« …Mandela est mort, presque centenaire. Comme s’il ne pouvait ou ne voulait plus subir la nième humiliation que lui infligeait le continent pour lequel il se battit tant à Bangui. L’Afrique tirant sur l’Afrique, débusquant ses charniers, s’étripant pour l’élection, d’accord sans honte d’être la lanterne rouge au marathon des continents. Ce Madiba-là a raison de s’en aller. (1)»

Une chose sûre, c’est que Mandela est mort pour ‘’vivre’’. Il est parti pour ‘’rester’’.

1- Adam Thiam, In Memoriam : Mandela la fierté et l’honneur de son temps, Arawanexpress

Boubacar Sangaré

Mali_ Kidal : Quand le premier ministre, Tatam Ly, donne des précisions sans préciser…

le premier ministre Oumar Tatam Ly

le premier ministre Oumar Tatam Ly photo: Maliactu

La Minusma ne veut pas sécuriser Kidal, parce qu’elle n’est pas venue pour le faire. Elle ne veut pas le faire, parce qu’elle a d’autres chats à fouetter ! Parce qu’elle obéit à la feuille de la communauté internationale dont le MNLA est la poupée.

 

Absence d’un dispositif de sécurité approprié à la visite du premier ministre d’un Etat, rôle de strapontin accordé aux forces armées maliennes dans la sécurisation de la ville de Kidal, Ouverture du gouvernement aux discussions avec les groupes rebelles touareg : voici les axes majeurs des propos tenus par le premier ministre, Oumar Tatam Ly, dans une interview accordée au quotidien L’Essor*. L’Essor est la crème de tous les régimes- hormis celui de Modibo Keita- qui se sont succédé au Mali.

Il serait bien venu de rappeler que le jeudi 28 novembre dernier, une violente manifestation organisée dans l’aéroport de Kidal a contraint le premier ministre à annuler son déplacement dans la ville. Les manifestants, des femmes et des enfants esclaves des manipulations du mouvement indépendantiste touareg (MNLA), ont poussé l’outrecuidance jusqu’à cibler avec des pierres les forces armées maliennes, lesquelles auraient tiré sur eux à balles réelles. Oumar Tatam Ly parle plutôt de « tirs de sommations » ! A Kidal, le discours victimaire ambiant avait déclenché ses tirs, avant de déboucher sur une cacophonie effarante : Mamadou Djeri Maiga, vice-président du MNLA, avait annoncé la reprise des hostilités avec l’armée malienne. Son discours belliciste a été érodé par un appel au calme d’autres ténors. Ils lui ont tiré le tapis sous les pieds.

Cet incident, n’ayons pas peur de le dire, n’a rien de surprenant car il est survenu à Kidal, une pétaudière et non une ville. Ce qu’il faut relever d’abord, c’est cet incident a administré la preuve qu’après le terrible assassinat des deux journalistes français, le jet de pierres ayant ciblé, le 16 septembre dernier, une mission interministérielle (le ministre de l’administration territoriale, le ministre de la réconciliation nationale et du développement des régions du Nord), rien n’a été fait pour « siffler la fin de la recréation » à Kidal.

Comment comprendre qu’un aéroport dont les murs sont interdits même aux mouches a été pris d’assaut par des femmes et des enfants ? A quoi sert alors la présence des forces de l’ONU (la Minusma) à Kidal ? Et même de l’opération Serval ? Comme après les évènements du 16 septembre dernier, le gouvernement en réaction à celui du jeudi dernier, a officiellement interpellé la Minusma. Cela servira-t-il à grand-chose ? …Il n’y a jamais de deux sans trois.

Ce que le premier ministre, Oumar Tatam Ly, n’a pas précisé, c’est que la Minusma ne veut pas sécuriser Kidal. Quand même bien que c’est elle qui en a la charge. Elle ne veut pas le faire, parce qu’elle n’est pas venue pour le faire. Elle ne veut pas le faire, parce qu’elle a d’autres chats à fouetter ! Parce qu’elle obéit à la feuille de la communauté internationale dont le MNLA est la poupée. Cette communauté internationale qui crache sur les larmes, les cris de détresse d’un peuple opposé à la division de son pays.

Le premier ministre a donné des précisions sans préciser qu’à Kidal, contrairement à ce que dit l’accord préliminaire de Ouagadougou, c’est l’armée malienne qui est cantonnée. Pendant que le MNLA fait son chichi. Ses précisons ne tiennent pas en compte le fait que c’est le MNLA, avec la fierté d’un lutteur sénégalais, qui fait et défait Kidal.

Au peuple algérien, Mouloud Feraoun dans son « Journal, 1955-1962 » écrivait : « Pauvres montagnards, pauvres étudiants, pauvres jeunes gens, vos ennemis de demain seront pires que ceux d’hier. » Moi aussi j’écris au peuple malien : « Pauvres Maliens, pauvres Maliennes, vos dirigeants d’aujourd’hui seront pires que ceux d’hier. »

Boubacar Sangaré

Affaire Sanogo : les casseroles des uns, le satisfecit des autres

Le capitaine Amadou Haya Sanogo

Le capitaine Amadou Haya Sanogo

Le temps de la stabilité, le temps de la vérité semble avoir – à jamais ? – suspendu son vol sur le Mali. Notre pays n’a pas encore remonté la pente creusée par Aguel Hoc, le coup d’Etat du 22 mars 2012, le MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) et les groupes terroristes. Ce qui est encore le plus étonnant, c’est que le peuple, pour signifier qu’il ne somnole pas, descend maintenant dans la rue pour se faire entendre à chaque occasion. D’abord, les manifestations antifrançaises, puis celles pour la libération du général Sanogo interpellé le mercredi 27 novembre 2013.

Ce qu’il est désormais convenu d’appeler « l’affaire Sanogo » est devenu, pour reprendre une expression bamakoise, « le sel qui agrémente toutes les sauces ». L’affaire, que certains n’avaient pas prise au tragique au début, rythme aujourd’hui toutes les conversations, et fait la joie de ceux dont l’obsession est de voir Sanogo aux prises avec la justice. Elle horripile les uns, fait sourire les autres.

Amadou Haya Sanogo, après son interpellation, a été inculpé pour enlèvement et complicité d’enlèvement. Pour mémoire, certains bérets rouges, parachutistes restés loyaux à ATT’ (Amadou ToumaniTouré), ont disparu après l’échec de leur tentative de contrecoup d’Etat, fin avril 2012. Personne ne sait où ils sont, ce qu’ils sont devenus, s’ils sont encore en vie. Personne, hormis, peut-être, Sanogo lui-même. Sanogo est également indexé dans le meurtre de certains soldats au cours de la mutinerie survenue à Kati le 27 septembre dernier.

On oublie cependant une facette non négligeable de l’affaire. L’inculpation de Amadou Haya Sanogo approfondit la fracture au sein de l’opinion publique nationale. Chacun le sait. Il y avait déjà les « pro » et les «anti-Sanogo ». Le week-end dernier, les rues de Kati et de Bamako ont été envahies par des manifestants qui réclamaient la libération immédiate de Sanogo, dénonçaient une justice à deux vitesses, criaient vengeance, évoquaient même des règlements de compte et de la diversion. Pendant ce temps-là, les familles et proches des bérets rouges disparus, les formations politiques opposées au putsch et certaines organisations des droits de l’homme étalent leur satisfaction, convaincus que « qui casse les verres les paie ». Tous clament que Sanogo ne mérite pas d’être en liberté, et qu’il doit répondre de ses actes devant la justice. La magnitude de la division est telle que le pouvoir en place semble patauger, surtout quand on sait que la présidentielle dernière a montré combien le manitou de l’ex-CNRDRE (Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État) sous le manteau, soutenait le candidat Ibrahim Boubacar Keita.

Sanogo se trouve aujourd’hui dans la situation du  »rat coincé » qui ne peut ni avancer ni reculer. Il ne doit pas être loin de se sentir merdeux, car cette arrestation, et les enquêtes qui suivront, risquent de lever le voile sur les enlèvements, les disparitions et exécutions sommaires, dont les maîtres d’œuvre du contrecoup d’Etat ont été victimes. A l’époque, il était le chef d’orchestre, donc le premier responsable de toutes les fausses notes de l’orchestre.

Pour autant, il faut éviter de se noyer dans le suivisme, et avoir le courage de dire que les partisans de Sanogo, et ils sont nombreux, ont raison de crier à une justice à deux vitesses. Il est difficile, en effet, de ne pas être dérouté par les récentes décisions de la justice malienne. On met le grappin sur Sanogo, alors que le chef de file des bérets rouges de ladite tentative de contre coup, Abidine Guindo, a été libéré. On met le grappin sur Sanogo, alors que les mandats d’arrêt internationaux visant certains membres du MNLA, accusés de crimes et de viols, ont été levés. Ces gens, individuellement (re)devenus persona grata, ont été accueillis au sein du parti RPM pour les législatives, et siégeront même à l’Assemblée nationale. On met le grappin sur Sanogo , tandis que ceux qui sont impliqués dans le pillage concerté de l’Etat malien, ces ministres et anciens présidents indésirables se la coulent douce, quelque part dans le pays, ou ailleurs. Nom de Dieu !

A-t-on besoin de dire que dans un pays où tout le monde parle de  »Mali Koura (un nouveau Mali) », la justice doit faire un sérieux ménage ? Qui est assez naïf pour croire que les Maliens et Maliennes se pardonneront, tant que ceux qui ont volé, pillé, violé les femmes pendant l’occupation du septentrion n’auront pas comparu en justice?

Si le régime de IBK aspire à la justice, cette  » Affaire Sanogo » doit ouvrir la porte à une vaste campagne d’actions judiciaires pour empêcher l’injustice de parler, de triompher. La réconciliation nationale ne se décrète pas. Elle passe par une application sans faille de la justice.

Enfin, last but not least, il y a de quoi être à cran devant le silence inexpliqué des organisations telles que Human Rights Watch, Amnesty International sur le massacre des soldats maliens à Aguel Hoc. Elles, qui sont si promptes à crier au  » génocide » quand on touche à un seul cheveu touareg. Appliqueraient-elles, elles aussi, le deux poids deux mesures ?

Boubacar Sangaré