Mali: Lazarevic et ce qu’état faible veut dire

Lazarevic de retour, photo: fr.news.yahoo.com

Lazarevic de retour, photo: fr.news.yahoo.com

Nul doute qu’à propos de la libération de Lazarevic– qui continue de faire du bruit, déclencher des indignations-, on ne nous a pas tout dit. On dira ce qu’on voudra, mais, il est impossible de ne pas dire que cette libération de quatre jihadistes est aussi le signe manifeste de faiblesse du gouvernement malien. Faiblesse qui tire sa source surtout de la crise, mais pas seulement de la crise. Faiblesse qui l’empêche de décider souverainement même dans les questions le concernant, apportant encore une fois la preuve que partout où presque en Afrique, dans les pays qui restent dans le pré carré de l’ancienne puissance coloniale, même un pouvoir démocratiquement élu n’est pas en capacité de défendre les se intérêts des citoyens.

La rébellion, le péril jihadiste au Nord, les pourparlers, une économie plombée, le spectre d’une grogne sociale, un gouvernement de plus en plus contesté…Ce sont là des difficultés qui font que le régime se sent incapable d’être ferme, y compris dans les questions d’intérêt national.

Et puis, il y a surtout que dans cette affaire des pourparlers, la solution n’est pas venue du Mali, mais des autres pays impliqués, parmi lesquels se trouve la France.

Les responsables maliens savaient bel et bien qu’ils allaient soulever la colère du peuple, mais cela ne les a pas empêchés de libérer quatre sinistres islamistes pour celui qu’on appelle au sein de l’opinion publique « un espion français ».

« Le fait du prince pèse plus lourd que le droit. Des terroristes libérés contre un espion. », s’indignait ainsi un jeune écrivain au cours d’une discussion. C’est-à-dire qu’il y a vraiment lieu de se demander pourquoi le gouvernement malien ne n’est pas aligné derrière le sentiment profond du peuple malien.

Boubacar Sangaré