Mali/UE: accord ou pas accord?

 

Photo: Maliweb

Accord ou pas accord sur la réadmission des migrants maliens en situation irrégulière en Europe? Brûlante question qui reste sans réponse au Mali. L’incompréhension résonne dans la tête des Maliennes et des Maliens. L’inquiétude gronde sur les réseaux sociaux.

Le dimanche 11 décembre 2016, suite à la tenue à Bamako d’un « dialogue de haut niveau » entre Bert Koenders, le ministre néerlandais des Affaires étrangères, et son homologue malien, Abdoulaye Diop, un « communiqué conjoint » Union européenne-Mali est porté à la connaissance du public. Au même moment, RFI, Le Figaro, L’Orient le Jour et bien d’autres médias étrangers, mentionnent un accord entre l’Union européenne (UE) et le Mali.
Communiqué conjoint ou accord ? Même un enfant comprend que ce n’est pas du tout la même chose … !!
Les autorités maliennes disent qu’un communiqué conjoint n’a pas la valeur juridique d’un accord. Jeu de ping pong sans doute. D’abord, le porte-parole du gouvernement, Me Mountaga Tall, est apparu à l’ORTM, (chaine de télévision nationale malienne) pour démentir la signature d’un accord. Le 15 décembre 2016, « le Gouvernement du Mali », via le compte twitter de Abdoulaye Diop, « exige des Pays-Bas et de l’UE un démenti officiel qu’un accord de réadmission ait été signé le 11 décembre pendant la visite de Koenders».
Un officiel européen démentira-t-il qu’il y ait eu signature d’un accord concernant l’immigration illégale ? Cette affaire est une patate chaude pour l’Europe où les dirigeants ont du mal à dire à leurs peuples que le vrai problème est la crise financière, et non l’immigration.

Au Mali et ailleurs, les gens s’interrogent. Quelqu’un ment. Qui ? Pourquoi ? Les autorités maliennes ont-elles été « entourloupées » par l’Union européenne ? Les autorités maliennes ne sont-elles pas le dindon d’une farce à laquelle elles ont participé ? N’ont-elles rien de concret à offrir qui prouve qu’il ne s’agit pas d’un accord ? Y aurait-il baleine sous le gravier ?
N’en déplaise au ministre Abdoulaye Diop, nous sommes convaincus que son gouvernement ne nous dit pas tout. Diriger c’est oser affronter la grogne de l’opinion publique nationale, même si elle est déjà montée sur ses ergots. Le gouvernement use d’une manœuvre captatoire qui pourrait se retourner contre lui quand viendra le moment d’admettre qu’il y a bel et bien eu signature d’un accord. L’immense majorité du peuple le soupçonne déjà. Le peuple a droit à la vérité.
Accord ou pas accord, dans cette affaire, la vérité reste la première victime.
Boubacar Sangaré

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Boubacar Sangaré a étudié les Lettres modernes à l'université des Lettres et des Sciences humaines de Bamako. Ancien collaboraeur des journaux Le Flambeau, La Nouvelle Patrie, Le Pays, Mondafrique (Paris), il écrit pour Journal du Mali, Les Echos, Le Courrier du Maghreb et de l'Orient. Il a été assistant de langue française à Bates College (Université, Etats-Unis).
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