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Mali : que faire pour Kidal?

L'armée malienne aux portes de Kidal  photo: Bamada.net

L’armée malienne aux portes de Kidal photo : Bamada.net

Cela est clair comme l’aube, un grand nombre de Maliens ont cessé d’espérer et se résignent à voir une partie de leur pays, Kidal, s’engluer dans le marais de l’instabilité. Kidal concentre toutes les attentions aujourd’hui, car c’est de là que tout est parti. C’est de Kidal qu’est partie la rébellion armée touarègue qui a projeté le Mali au beau milieu d’une crise sécuritaire et institutionnelle, dont il est en train de sortir. Mais, bizarrement, c’est à Kidal que tout est bloqué, coincé.

Assassinat de journalistes, attentat djihadiste ayant causé la mort de deux casques bleus sénégalais, des tirs à l’arme lourde, voilà des évènements tristes qui ont marqué l’actualité de ces derniers temps à Kidal, une pétaudière par excellence. On le sait, ce sont les groupes rebelles à qui la communauté internationale semble avoir donné carte blanche, qui y mènent la danse. Ils manipulent femmes et enfants, provoquent les militaires, singulièrement ceux de l’armée malienne, et comme pour ajouter aux difficultés, restent armés. Ils sont armés, et dans le même temps l’on continue à forcer la main au gouvernement malien de parler avec eux le langage du dialogue. C’est d’ailleurs la position que défend la France depuis les premières heures de la crise. Il en est de même pour la Cédéao (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest). Tout cela est vrai, voire possible. Mais, peut-on négocier avec des groupe rebelles qui, en plus d’être armés, continuent d’humilier, de moquer les dirigeants d’un pays qu’ils ont mis à feu et à sang? Est-il acceptable de laisser les groupes rebelles armés, alors que ceux qui ont la charge de sécuriser Kidal, c’est-à-dire, la Minusma et Serval, s’y dérobaient, en tout cas jusqu’au récent attentat-suicide? Pourquoi, à la place des groupes rebelles, ce sont les soldats maliens qui sont cantonnés à Kidal ?

A dire vrai, cette situation trouble le sommeil de tous ou presque, à commencer par le président Keita. Que faire pour Kidal ? C’est à mon sens la seule question qui vaut d’être posée aujourd’hui.

Boubacar Sangaré.

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bouba68
Boubacar Sangaré a étudié les Lettres modernes à l'université des Lettres et des Sciences humaines de Bamako. Ancien collaboraeur des journaux Le Flambeau, La Nouvelle Patrie, Le Pays, Mondafrique (Paris), il écrit pour Journal du Mali, Les Echos, Le Courrier du Maghreb et de l'Orient. Il a été assistant de langue française à Bates College (Université, Etats-Unis).

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  1. Comme à l’accoutumée, billet clair, concis et précis. Historique juste, analyse pertinente, et in quiétude légitime . On doit cesser les malices pour bâtir un Mali, et un seul, réconcilié et tourné vers le devenir de son honorable peuple. Merci Bouba. Surtout, tu ne dois pas te lasser d’en parler. La raison finira par l’emporter.

  2. le cas de Kidal devrait cesser d’interpeller si l’on se refère à la nonchalance et aux agissements que je pourrais qualifier de coupable de la chefferie de Kidal qui ne fait pas montre de sagesse pour prendre une decision quand au destin de cette population balottée par les agissements du MNLA

  3. L’extrémiste qui sommeille en moi et qui à vu où mène les négociations avec des rebelles (nul part…), va dire qu’on ne négocie pas avec une rébellion. On la matte!
    Ce qui me fais m’interroger sur la volonté de la France d’en finir avec cette rébellion.
    Cette malheureuse habitude de de faire un travail a moitié et renvoyer les gens négocier comme si on voulait les maintenir dans un état de ni paix ni guerre me laisse perplexe…
    Rien qu’au Congo ça été pareil mais bon je dis ça je dis rien…