Littérature : à la redécouverte de Yambo Ouologuem…

photo: Vent d'ailleurs

photo: Vent d’ailleurs

 

Passé inaperçu à sa publication en 1969, refusé par Le Seuil, Les Mille et une bibles du sexe de Yambo Ouologuem vient d’être réédité aux Editions Vents d’ailleurs. Un texte audacieux qui méritait d’être mis au goût du jour.

Après la réédition en 2003 aux Editions Le Serpents à plumes du livre Le Devoir de violence, vient de paraître <em>Les Mille et une bibles du sexe chez Vent d’ailleurs, dans la collection pulsations dirigée par Jean-Pierre Orban. Publié en 1969 sous le pseudonyme d’Utto Rudolf aux Editions Dauphin, ce livre marque la volonté de Yambo Ouologuem d’écrire dans un genre typiquement européen : « La littérature érotique avec tous les codes du genre ». Malgré son écriture remarquable, ce texte est passé inaperçu à l’époque. Il fut d’ailleurs refusé par les Editions du Seuil.

Pour Sami Tchak, préfacier avec Jean-Pierre Orban de cette édition, Les mille et une bibles du sexe est un roman érotique, construit comme des confessions de couples qui racontent leurs expériences sexuelles et érotiques. « Il s’agit d’une comédie aussi érotique que sociale, un portrait sans retenue d’une société plongée dans la quête de son plaisir. »

A travers ce livre, Yambo cherche à aller au-delà des frontières, à sortir de cette peau ou de cette identité d’écrivain africain. Une audace qui vient s’ajouter à celle d’avoir été « coupable » d’un livre aussi iconoclaste que Le Devoir de violence. Une audace qu’il a aussi payée puisqu’après avoir reçu le prix Renaudot, le premier pour un Africain, une accusation de plagiat a été portée contre lui et a ruiné une carrière littéraire aussi prometteuse.

A la question de savoir ce que vaut aujourd’hui Yambo Ouloguem, Sami Tchak, (lauréat du prix Yambo Ouologuem, à la rentrée littéraire 2015 du Mali, actuel prix Baba Ahmed) répond : « Yambo Ouologuem, de mon point de vue, est un grand auteur dont la lecture des textes nous permet de nous poser beaucoup de questions en même temps qu’elle nous offre un éclairage toujours actuel sur notre monde ».

Cette réédition d’un autre livre de Yambo Ouloguem est, aux yeux de beaucoup, une façon de lui rendre hommage ou justice. Lui qui vit encore à Sevaré, et a été « Prix Renaudot quand les Noirs étaient plus accompagnés vers les bouches d’égout que les marches de podium », pour reprendre Adam Thiam.

Boubacar Sangaré

The following two tabs change content below.
bouba68
Boubacar Sangaré a étudié les Lettres modernes à l'université des Lettres et des Sciences humaines de Bamako. Ancien collaboraeur des journaux Le Flambeau, La Nouvelle Patrie, Le Pays, Mondafrique (Paris), il écrit pour Journal du Mali, Les Echos, Le Courrier du Maghreb et de l'Orient. Il a été assistant de langue française à Bates College (Université, Etats-Unis).

Une réflexion sur “Littérature : à la redécouverte de Yambo Ouologuem…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *